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Règlement de comptes à OK TOTAL

Règlement de comptes à OK TOTAL

LA GAZETTE DE L’OUEST
Règlement de comptes à OK TOTAL

Paris-ville, Arizona,

La chaleur est accablante; un petit souffle d’air brûlant souffle dans la rue principale, balayant quelques boules d’épineux desséchés; les habitants sont calfeutrés chez eux; le peu de vie restant semble s’être réfugié au saloon, d’où sortent quelques notes de piano.

Le maire de la ville, François la Mouise, un avocat véreux chassé de Sacremento, à cheval sur une mule, badigeonné de goudron et de plumes, s’est réfugié hors de l’état, sous prétexte de régler le conflit entre deux tribus de Sioux en guerre.

Son adjoint, le shériff du village, Manuel, dit Manolo le nerveux, est campé à l’extrémité ouest de la rue, flanqué de ses acolytes, une bande d’aigrefins et de demi-sels venus chercher fortune dans l’ouest sauvage; armés de code pénal, code du travail, code de la route, codes de tout et de rien; lui, Manolo, c’est un autre calibre, un dur, qui règle ses comptes au 49,3: un truc qui te fait des trous gros comme des assiettes.

Grondement sourd à l’est; le bruit des sabots d’une bande de malfrats mexicains qui écume la région depuis des années, emmenée par leur chef, Martinez el Gordo, un moustachu teigneux et obtus.

Manolo et Martinez, c’est une vieille histoire; copains comme cochons d’abord, adversaires mortels ensuite.

Tout ça parce que Manolo veut parquer les troupeaux de bétail dans des enclos, alors que Martinez et ses vachers ne jurent que par les grandes chevauchées; en fait de grandes chevauchées, ils passent leurs journées à glander, le cul sur leur selle, et leurs soirées à picoler du whisky frelatté, piqué sur les quais de Boston par leurs copains dockers.

Silence, seulement le bruit du vent; nuage de poussière; Martinez el Gordo arrive; pas le temps de descendre de cheval: Manolo dégaine et tire au 49,3: Martinez chancelle; pas passé loin; un énorme trou dans le sombrero.

Il fait virer sa monture et repart au galop en hurlant des malédictions. Ses vachers illettrés, eux, hurlent une chanson obscène, un truc du genre:  » c’est la lutteeuuuu finaaaaaleuuuu… »

Le lendemain, black-out sur Paris-ville; les chemins sont bloqués, Plus de ravitaillement: Martinez el Gordo a fait dételer tous les chariots, et a séquestré les boeufs de trait; il a commencé à dézinguer les éoliennes: pénurie d’eau douce en vue. Dans un élan de stalinite aigüe, Il a foutu le feu à l’imprimerie de la gazette locale qui refusait d’imprimer ses élucubrations.

Il a promis de revenir le lendemain, épaulé par une bande hétéroclite de petites frappes qui rêvent de se faire la banque.

Les habitants de Paris-ville, excédés, ont commencé à décrocher les winchesters décorant leurs murs; si ça continue, ils vont défourailler, à droite comme à gauche, sur Manolo comme sur Martinez.

Parce que les conneries, à un moment, ça suffit.

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A propos de Giovanni

Giovanni
Ce vieux gueulard sexagénaire s'appelle en fait Alain; mais joue les Italiens pour mieux " chopper la radasse" comme il dit. Serrurier à la retraite, faux boiteux qui trouve que la canne lui donne un côté classe. Il a un hobby special: il fait de la reconstitution historique dans la catégorie " chevaliers". Grand amateur de quinquagénaires délurées; ces fameuses couguars qu'il convertit en "chiennes obéissantes", amoureuses de ses bourrelets.....Enfin, c'est ce qu' il proclame au comptoir chaque fois qu' il se bourre le pif, soit tous les 2 jours.

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